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MA POESIE : ELLE ME.......

 
 
ELLE ME...
 
 
Je gratte, je sape, ma mélancolie
elle me transforme, me change
Traîtresse.

Je sucre, je chaptalise, ton coït
il t'envole, te décolle
Bougresse.

Je pleure, je crains, ton déni
il me dérive, me prive
Bassesse.

Je tousse, je mouche, mon allergie
elle m'eclate, m'écartèle
Pauvresse.

Je révolte, je contrarie, ton édit
il te dégaine, t'assourdit,
Criarden-S.

Je rampe, je bige, ton parti
il me désampile, me capitule
Dé-tresse.

Je balance, je chante, ma poésie
elle me dévore, m'aspire
Ogresse.

Je mate, je vise, ton anatomie
elle me chatouille, me mouille
Ivre-S.

Je hante, je traîne, ma nuit
elle m'épuise, me décapite
Duchesse.

Je souris, je complice, mon débit
il t'interroge, te déboutonne
Caresse.

J'aime, je carème, mon ami
il me dévaste, me déserte
Prouesse.

J'écris, je dessine, mon envie
il me lit, me silence
Mauresse.

SOPHIE CHABANE
 

MA POESIE : COULEURS DE DECHIRURE

 

COULEURS DE DECHIRURE

 

Un matin alors que le monde se prépare pour un nouveau jour
un bruit immense retentit dans les oreilles de tous les humains.


Déchirant leurs tympans d'une douleur atroce
ils ne comprennent pas encore ce qui se passe
le monde se coupe en deux d'un bout à l'autre.


La matrice offre sa blessure au vent
déchirée en son flan de mère pleurant des larmes feu et glace.


La vie sépare des humains
là-bas, ici, sur les continents
personne ne sait ce qui arrive.


Désormais même si le sang de tous les humains est rouge
la terre enfante des hommes noirs et des hommes blancs...


SOPHIE CHABANE

MA POESIE : COMME SI LA VIE.......

 

Comme si la vie se moquait de nous...


On ne veux plus manger de tomate
et tous les jours on se la rabate.


On achète des vêtement colorés
et on continue à mettre les noirs.

 
Célibataire et amoureux du vent
envie de soleil la tête à l'ombre.

 

Aimer le monde en restant chez soi
l'espoir en rageant de ne plus croire
l'amour en cadeau dont on veux pas.

 

La force nous manque, une douce mélancolie
une souffrance sourde au creux de la gorge.


Comme si la vie se moquait de nous...


Le sacrifice de notre humanité est en route
nous ne sommes pas sur terre pour vivre çà
écouter les mots et ne leurs trouver aucun sens
comme si de toute façon plus rien n'en n'avait.


SOPHIE CHABANE

MA POESIE : CETTE NUIT.......

 

 

Cette nuit j'ai rêvé
que tu me disais je t'aime
j'ai oublié de m'évanouir.


Cette nuit j'ai aimé
sur mon corps ta caresse
j'ai oublié de gémir.


Cette nuit j'ai écouté
les murmures de tes rêves
j'ai oublié de les écrire.


Cette nuit j'ai pleuré
parce que tu me détruisais
j'ai oublié de partir.


Cette nuit j'ai souhaité
être sans fin dans ta vie
j'ai oublié de te le dire.


Cette nuit j'ai inventé
des mots bien éloquents
j'ai oublié le délire.


Cette nuit j'ai crevé
de cet amour pour toi
j'ai oublié d'en mourir.


Cette nuit j'ai adoré
que tu entres en moi
j'ai oublié d'en jouir.


Cette nuit j'ai tranché
ce qui te retient à elle
j'ai oublié de m'en repentir.


Cette nuit j'ai rêvé
que tu me faisais un enfant
j'ai oublié de me maudire.


Cette nuit je t'ai vu danser
avec toutes ces patronesses
j'ai oublié d'en souffrir.


Cette nuit j'ai posé
ta main sur mon sein
j'ai oublié d'en rougir.


Cette nuit a passé plus vite qu'un sourire
ce matin tu étais à mes côtés.


Tu étais à mes côtés
dans les draps, enroulé
sur toi je me suis penchée
pour t'aimer à n'en plus finir.


Ce matin tu as lâché
ce beau reste d'humanité
que tu as fini par m'offrir
j'ai oublié de t'oublier...



SOPHIE CHABANE

MA POESIE : AUX PURGEURS DE MINES.......

 

 

Aux purgeurs de mines du passé...

 


 

Subsister dans ce monde inconnu, chez elle, chez moi

incrédule, les mirettes ouvertes sur ce qui me sert de présent

comment suis-je arrivée à cet instant, j'ai oublié dans la brume

la vie m'y a traîné par les pieds à coups de poing dans le coeur

une taffe, j'aspire avidement sur cette maudite addiction.

 


 

Regardes-les, morts vivants aux yeux décalqués pleins de terreur

j'ai bien envie de faire comme eux, au moins essayer une fois

mais la créature qui accompagne mon présent refuse de m'y voir

il a raison, de pitoyable humaine j'évoluerais en lamentable déchet

véritablement il sauve ma vie, je ne m'en doute pas encore.


 


Aux purgeurs de mines du passé...

 


 

Cette petite cuillère qui tourne comme un lot de malchance

chaque fois devant elle leurs coeurs se soulèvent d'épouvante

le feu, l'acide l'accompagne, il se la prenne en plein dans l'âme

involontaires ou téméraires de toutes leurs envies déglinguées

du temps pour comprendre l'envie et le dégoût si bien assortis.

 


 

Ce pot à bière rempli de tout ces aiguillons usés, usités

il renifle la mort, consciente que je suis, je devrais le lourder

une fois encore ils se le distribue, je regarde, je sais, je ne dis rien

encore une cigarette, l'impression qu'elle m'efface l'horreur visible

je me la fume seule, bien sûr ils n'en sont pas absorbeurs.


 


Aux purgeurs de mines du passé...


 


Ils sont plutôt tireurs d'élite, purgeurs de mines, lovés en stupéfiantes

je les examine, on dirait q'ils prennent leur temps, encore

chacun son tour le coeur au bord, garrottés en plein dans la cible

comment puis je les regarder sans crier au secours pour ces victimes

oui c'est vrai, je subsiste aussi morte qu'eux, mécréante en sursis.

 


 

Touchée depuis longtemps en plein coeur d'envies, dépeuplée

encore une cibiche, le silence de traître s'est fait à petits pas

je regarde lentement autour de moi, le filon est bien rempli

les corps des éclopés se sont rabougris dans l'espace temps

les bras m'en tombent, toujours, je n'arrive pas à m'y habituer.


 


Aux purgeurs de mines du passé...


 


Ainsi ils sont là presque tous les jours, loveurs de stupéfiantes

ils sont dix, ils sont un... combien demain, je ne me pose pas la question

à travers eux, je vis l'apanage de ma débâcle de sens évanouis

leur douce violence me fait du bien, elle me sort de la mienne

j'ai pour leurs jeux de cible du mépris, tout en les aimant tendrement.

 


 

Ils ne savent pas le bien qu'ils me font, ils me sauvent la vie

de là ou je viens on lamine sa peau à coup de désirs accesoires

Eux ont le courage et la peur de leurs envies, d'être ailleurs et un autre

moi qui n'en n'avait plus, d'envie, les cotoyer me redonne le coeur d'en avoir

je ne le sais pas encore, mais des années plus tard je leurs rendrais grâce

mais combien parmi tout ceux-là seront encore en vie et heureux

avec ces lignes, ma révérence à ces rois de la rebellion déchue.

 


 

Aux purgeurs de mines du passé...


 


SOPHIE CHABANE


MA POESIE : AMOUR CHAMPETRE.......

 

AMOUR CHAMPETRE

Je suis une femme d'arbre et de folie...


Un érable par nature à faire tomber tous tes murs.
En admiration du peuplier à vouloir vers ton coeur me plier.
Grand besoin d'un noyer pour ne plus craindre ton envolée.
Grand amie avec un platane avec toi le partager dans la gaité


Terre de ville ou de campagne je m'enracine presque sans mal
Réfugiée au pied d'un arbre à respirer ton doux printemps.
T'écrire des mots champêtres et dessiner ta volupté
Etre amie de ton lierre au creux de toi me lovée.


Je suis une femme d'insecte et d'envie...


Un charançon gourmand à t'envahir la semence tout l'hiver.
Une coccinelle de bonheur posée sur ton épaule et t'observer.
Une cigale amoureuse faisant voler toutes tes portées.
Une abeille butineuse féconde les fleurs de ton jardin.



Même pas peur de l'oiseau migrateur friand de mes ardentes rondeurs
Je grimpe à l'arbre de mon coeur avec mes petites pattes toutes en sueur.
Me nourrissant de toutes ses mousses et de tous ces jolis champignons
Dévorant nuit et jour en courageuse tous ses envahissants tourments.



Je suis une femme de chair et de sang...


Une femme d'hier qui partout accrochait la misère
Une femme d'aujourd'hui qui prétend faire de la poésie
Une femme de demain donnant le sein à l'ange du destin
Une femme paille pour t'aider à boire la vie, te réfugier en moi tes jours de pluies.


SOPHIE CHABANE